Egalité – inégalité : ne parlerait-on pas plutôt d’équité ?

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Images-fond-ecran 1839 L’égalité n’est-elle pas devenue une demande, une attente et un combat du passé lorsque l’on prend en compte l’évolution de nos connaissances et de la recherche en biologie, en neurologie et en éthologie ? En effet, les multiples recherches existantes n’ont cessé de mettre en avant que l’égalité n’existait pas entre les êtres, alors encore moins entre les genres (mais c’est un autre sujet…)

Parler d’égalité, ne parlerait-il pas d’ailleurs d’autre chose ? Et, finalement, peut-être depuis longtemps !

Parler d’égalité, n’est-ce pas parler d’inégalité ? Or, égalité/inégalité ne ramène-t-il pas au rapport meilleur/moins bon, supérieur/inférieur ? Débat qui avait sans doute pleinement son sens à l’époque où un certain nombre d’humains étaient considérés comme des êtres inférieurs qui n’avaient pas d’âmes. Mais maintenant, au moins dans nos sociétés occidentales, cela a-t-il encore du sens ?

L’égalité c’est « la qualité de ce qui est égal, conforme à l’autre, équivalent, la parité » (dixit le Grand Robert). Ne serait-ce pas ainsi une aberration que de le penser entre humains (et même au sein d’autres espèces) ? La vie n’est-elle pas injustice à partir du moment où chaque individu n’est pas doté de la même manière à sa naissance, et que les environnements socioculturels ne permettent pas un même développement « positif et constructif » pour chacun ?

« Injustice », j’ai sorti le mot. Ne serait-ce pas plutôt de cela dont parleraient la demande et l’attente d’égalité ? La demande d’égalité ne correspondrait-elle pas plutôt à une attente de plus de justice ? Que ce soit au niveau légal (où la notion d’égalité a là tout son sens), mais aussi dans la vie de tous les jours et dans les rapports entre individus. Or, l’idem, l’identique étant une illusion et n’existant pas, l’égalité pour lutter contre l’injustice, quelle qu’elle soit, ne serait-elle pas un leurre ?

En dehors du droit, plutôt qu’une recherche d’égalité, ne devrions-nous pas plutôt rechercher de l’équité entre les individus et au sein de la société ? Le Grand Robert nous dit ceci de l’équité : « notion de la justice naturelle dans l'appréciation de ce qui est dû à chacun ; vertu qui consiste à régler sa conduite sur le sentiment naturel du juste et de l'injuste. » N’est-ce donc pas plutôt de cela dont parlent la demande et l’attente d’égalité ? En ne redéfinissant pas le terme ne nous trompons-nous pas tous dans les débats et les luttes existants autour de ce sujet ? Et est-ce que du coup, elles ne se retrouvent pas détourner de leur objectif initial ? Finalement, comment atteindre cette équité alors qu’on n’en parle peu avec les bons termes ? Ne serait-il pas, en définitive, inéluctable que rien ne change ? Et qui cela sert-il le plus finalement ?

La notion d’égalité, dans sa définition même, ne nie-t-elle pas notre réalité biologique qui est que nous sommes tous différents, mais complémentaires, et que nos différences au lieu d’être des faiblesses sont une force que nous devrions valoriser ? Alors que la notion d’équité, elle, qui se situe au niveau du juste et de l’injuste, ne semble pas le nier, tout au contraire.

Ainsi, parler d’égalité entre individus, ne pourrait-on pas le voir comme une reconnaissance et une valorisation des complémentarités plutôt que de le voir comme une demande à pouvoir faire les mêmes choses ? Or, ce n’est pas le sens de ce terme, d’où, me semble-t-il, la nécessité de changer de vocabulaire, voire même de paradigme.

Personne n’est meilleur ou moins bon qu’un autre. Ne disposons-nous pas tous de capacités, de caractéristiques et de compétences où nous sommes meilleurs ou moins bons que d’autres, même si nous ne le reconnaissons pas toujours ou n’en avons pas conscience ? Le propre de chaque individu n’est-il pas d’avoir au moins une spécifité d’excellence personnelle (même si nous ne l’avons pas tous identifié) ?

L’équité, au lieu de l’égalité, ne serait-ce pas de valoriser nos différences que tout le monde s’y reconnaisse ? C’est-à-dire que tous trouvent une reconnaissance et une valorisation personnelle, groupale et sociétale parce qu’ils sont, leurs qualités et leurs spécificités ? Et par cela qu’ils se sentent réellement exister avec et au milieu des autres et de la société, quels qu’ils soient ?

L’égalité qui serait en fait de l’équité, ne serait-ce pas plutôt ça : une recherche de convergences qui valoriseraient et qui favoriseraient nos complémentarités, et non pas une recherche d’identique ? 

Par contre, dans le cadre du droit, comme j’y ai fait allusion, parler d’égalité et lutter contre les inégalités a tout son sens. Pourquoi certains auraient plus ou moins de droits que d’autres ? Rien ne le justifie. 

Ne serait-il donc pas préférable et nécessaire, en dehors du droit, de parler d’équité au lieu d’égalité ? Cela ne pourrait-il pas éviter de fausses luttes démobilisantes qui finalement ne servent que ceux qui veulent ne rien voir changer ?

Ne devrait-on pas enseigner l’équité, en parallèle de l’égalité (en termes de « droit ») du primaire au supérieur ? Equité dans la famille, équité entre enfants et adultes, équité dans le travail, équité dans nos différentes activités (associatives, sportives, etc.), équité entre femmes et hommes, équité entre animaux Hommes et autres animaux, équité entre croyances, équité entre cultures, etc.

 

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Publié dans Philosophons un peu

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