Le capitalisme culturel

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Le « capitalisme «  est un terme et une réalité omniprésents depuis quelques décennies et surtout la fin du bloc de l’Est. Est-il uniquement économique comme il est généralement présenté et critiqué ? Ou ne représenterait-il pas également un rapport au monde et aux autres dans d’autres champs de la société ?

 

Le grand Robert nous dit du « capitalisme » que c’est un « régime économique et social dans lequel les capitaux, source de revenu, n'appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail. » Ce qui revient donc à dire, ce que tout le monde sait déjà d’ailleurs, que les capitaux, économiques et sociaux, appartiennent à certaines personnes précises.

 

Des personnes qui accumuleront des biens économiques et sociaux afin de mieux vivre, mais aussi très souvent de se distinguer des autres. Un certain nombre de ces capitalistes économiques et sociaux, malheureusement non négligeable, aura tendance à se positionner au-dessus de celles et ceux qui n’en ont pas. Ce qui alimente inévitablement ressentiments et tensions entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas.

 

On peut donc dire, me semble-t-il, qu’il y a dans le capitalisme économique et social accumulation de bien aux profits de certains qui l’utiliseront parfois aux dépens des autres.

 

Mais, ce processus n’existe-t-il pas dans d’autres champs que l’économique et le social ?

 

A de nombreuses reprises, j’ai rencontré des personnes qui mettaient en avant leur culture, ces connaissances artistiques, scientifiques, économiques, politiques, historiques, littéraires, sportives, techniques, etc. qu’ils possédaient. En la mettant ainsi en avant, j’ai constaté qu’ils essayaient souvent de s’imposer aux autres. Avec le temps, j’ai réalisé qu’une bonne partie d’entre eux accumulait savoir et connaissances, en un mot de la culture à des fins relationnelles et sociales, pour pouvoir s’imposer socialement. N’avez-vous pas, vous-mêmes, croisé des telles personnes à différentes reprises, voire régulièrement ?

 

Quel différence y a-t-il donc entre le processus comportemental présent dans le capitalisme économique et social et celui, culturel, que je viens de décrire ? Aucun me semble-t-il. Dans les deux cas il y a accumulation de biens (d’un côté économiques et sociaux et de l’autre culturels, connaissances et savoirs) au profit de ceux qui l’accumulent au dépend de tout ou partie des personnes qu’ils côtoient ?

 

Ne pourrait-on pas parler ici de « capitalisme culturel », c’est-à-dire de l’accumulation d’un capital culturel qui permet de se distinguer des autres et aussi de se positionner au-dessus des autres ?

 

Ce capitalisme culturel n’est pas, me semble-t-il, l’apanage des nantis et des gens de droite, tout au contraire. Je l’ai souvent rencontré et observé chez ceux qui ne capitalisaient pas au niveau économique et social. Je l’ai ainsi souvent vu chez des personnes se réclamant des idées de gauche.

Alors, certes, ce « capitalisme culturel » ne concerne pas les moyens financiers qui nous permettent de vivre et peut donc sembler plus anodin, mais n’est-il pas pour autant pernicieux ? Puisqu’il touche les moyens qui participent à la vie sociale…

 

 

 

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Publié dans Philosophons un peu

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