Un avantage patriarcal de moins ! 2/2

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Ah, l’enfant, ce justificatif de beaucoup d’excuses et de résistances…

J’ai lu et entendu que différencier ainsi les noms, comme cela pourra être le cas pour les enfants avec la nouvelle loi, représenterait un risque au niveau de l’identification des individus. Je suppose qu’abolir la règle de la prédominance du nom du mari pourrait provoquer la même crainte. Mais est-ce réellement le cas ? Cette crainte est-elle réellement justifiée ? N’est-elle pas le fruit de nos normes sociétales plutôt qu’un réel danger ? Ne serait-ce pas plutôt l’expression de craintes ou de peurs du changement, de cet inconnu qui angoisse si souvent ? 

Notre système n’est-il pas un système totalement construit et arbitraire ? Les différents modes qui ont existé dans l’histoire de l’humanité montrent bien qu’il n’y a rien d’inné et d’intrinsèquement « humain » dans ces fonctionnements. Alors, certes, c’est le modèle qui s’est imposé. Mais s’est-il imposé parce que c’est ce qui correspond le plus aux animaux-hommes ou est-ce parce que c’est ce qui est le plus pratique pour la gestion de nos sociétés ? La place qu’a prise le « nom » dans l’histoire des individus n’est-il pas liée à l’expansion de l’espèce humaine, de ses peuples et de ses nations ? Ne serait-ce pas plutôt une question de pouvoir et de contrôle des populations ? 

Cela ne pourrait-il donc pas être autrement ? Les règles d’attribution des noms ne pourraient-elles pas être différentes ? N’est-ce pas simplement une question de représentation culturelle et d’éducation ? Certes, être différent de la norme peut s’avérer gênant, voir à terme, pathogène. Je conçois tout à fait qu’un certain nombre de craintes s’appuient là-dessus. C’est d’ailleurs sans doute une possibilité, mais tant que la norme n’évoluera pas. Car quand elle évoluera, les différences devraient diminuer. 

En définitive,ne tient-il pas qu’à nous de faire évoluer nos normes en fonction de l’évolution de nos modes de vie, pour que les futures générations vivent bien ces dernières ? Au final, tout ne dépend-il pas de ce que nous souhaitons pour le futur et les futures générations, et de ce que nous sommes prêts à faire pour cela ? Tout le reste ne serait-il pas qu’excuses face à nos craintes et nos peurs et faux débats ? 

Pour un changement radical... 

Personnellement, je suis depuis fort longtemps pour que chaque individu puisse changer de prénom, voire même de nom en fonction des moments important de sa vie. Un changement radical en soi, voire même la proposition d’un nouveau paradigme identitaire à adopter. 

Cela commencerait à l’entrée dans la vie d’adulte, lorsqu’on se lance et que l’on commence à s’autonomiser. Cela permettrait de réinsérer dans nos vies ces rites de passage qui ont disparu et qui sont encore, dans certaines cultures claniques, des moments constitutifs des individus. 

Au lieu d’être lié, pour toute sa vie, à son lignage par des prénoms et un nom qu’il n’a pas choisi, l’individu ne pourrait-il pas ainsi construire sa propre identité par rapport à ce qu’il ressent et ce qu’il est au fond de lui ? Au lieu d’être le produit d’un projet parental et familial dont il n’est pas évident de s’extraire, cela ne lui permettrait-il pas de se construire et surtout de « faire des choix » en fonction de ses propres aspirations ? Cela n’aurait-il pas non plus l’avantage de favoriser l’autonomie des individus ?

Lorsque l’on voit le développement des thérapies transgénérationnelles, je trouve que l’on peut se poser la question. 

Fonctionner ainsi pourrait-il favoriser un individualisme exacerbé dans lequel nous ne penserions plus aux uns et aux autres et où les personnes âgées seraient plus facilement oubliées ? Même si c’est une possibilité, il me semble que ça pourrait au contraire avoir l’effet inverse (même s’il y aura toujours des laissés pour compte, rien n’est jamais parfait). Se construire et faire ses choix en fonction de ses propres aspirations et en fonction de nos invariants (tel que Jung en parle), ne favoriserait-il pas le rapprochement avec d’autres avec lesquels nous avons de fortes convergences, et cela quels que soient nos âges ? Cela ne favoriserait-il pas plus de solidarité vis-à-vis de ceux dont nous nous sentons intrinsèquement proche et avec lesquels aucune obligation arbitraire et imposée n’est en jeux ? En effet, ne sommes-nous pas toujours beaucoup plus impliqués dans ce que nous choisissons de faire. Ne sommes-nous pas toujours plus impliqués vis-à-vis de celles et ceux que nous avons « Vraiment » choisis ? N’oublions pas que c’est rarement le cas de nos familles et de l’ensemble de ses membres. Alors, dans cette situation, lorsque nous choisissons de conserver tout ou partie des liens familiaux, n’est-ce pas beaucoup plus habité et « Vrai » ? Le lien et la solidarité intergénérationnelle ne prennent-ils pas alors plus de sens et n’en sont-ils pas plus forts ? 

Quels avantages pourraient donc apporter un tel fonctionnement ? Cela ne permettrait-il pas de développer un autre rapport à soi-même et aux autres, de favoriser l’émancipation et l’autonomie des individus, de renforcer la solidarité entre les générations, de réduire les susceptibilités liées aux « noms » et « prénoms » en en réduisant l’importance, de s’affranchir (pour celles et ceux pour qui ça a du sens) du diktat délétère de l’histoire du Nom familial, de modifier les ego en les déliant d’un certain passé ? Mais la Société, les États, les Religions et Ceux qui nous gouvernent le veulent-ils ? Et nous-mêmes, est-ce que nous y sommes prêts ? Sommes-nous prêt à lâcher l'avantage de l'illusion de la possession de l'autre ?  Sommes-nous prêt à lâcher l'avantage et les compensations qu’apportent le désir et l'illusion de la possession de l'autre[1] ?

 

 

[1] Thème que j’aurai l’occasion d’aborder dans un prochain article, « Vie de couple : Doit-on en envisager la fin ? »

 

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Publié dans Au nom des femmes

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