Les modules comportementaux biologiques mis en lumière par l’Éthologie 3/4

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3 - Les dysfonctionnements aux différentes phases du schéma Lorenz-Craig

Des dysfonctionnements peuvent apparaître à tous les niveaux du schéma Lorenz-Craig, cette grille biologique de lecture des comportements.

Explorons-les un instant, avec leurs conséquences.

Dysfonctionnement de la production endogène d’excitation (phase 1 du schéma).

Les dysfonctionnements s’expriment soit par absence de la production endogène d’excitation de certaines fonctions, soit par excès.

  • Il peut y avoir absence lorsqu’il manque une activité au répertoire normal du sujet.
  • Il peut y avoir excès lorsque le sujet a beaucoup de mal à contrôler l’expression de la production endogène d’excitation, celle-ci se faisant alors presque malgré lui.

Lorsqu’une production endogène d’excitation normale est confrontée à un environnement défavorable, elle peut avoir du mal à s’exprimer. C’est alors la phase d’appétence qui sera perturbée.

Dysfonctionnement du comportement d’appétence (phase 2 du schéma)

Il existe deux cas de dysfonctionnement du comportement d’appétence, nous pouvons avoir :

  • Soit un problème dont la solution est inacceptable par le sujet (du fait d’un défaut de connaissance, d’un déficit physique, etc.)
  • Soit un problème mal posé (en raison de données contradictoires, de doubles contraintes, d’un niveau d’information discordant, etc.).

Ces deux possibilités provoqueront un enchaînement de l’inhibition (souvent fatal) de l’action cohérente avec deux possibilités de réactions :

  • La non-action par, soit de l’action intériorisée qui peut beaucoup retarder l’apparition de la pathologie, soit des adaptations psychosomatiques qui peuvent évoluer en pathologies plus graves, destructives. L’inhibition totale de l’action peut provoquer une pathologie adaptative qui pourra amener à une pathologie destructive.  
  • L’action à tout prix, même non cohérente. Elle passe par des actions de dérivations dans lesquels on peut retrouver les activités artistiques et sportives. Elles aident à ne pas ressentir l’impossibilité qui existe dans un autre domaine. Verbaliser est aussi une activité de dérivation, elle peut être très efficace.   

L’inhibition de l’action cohérente peut, de son côté, déclencher une action non cohérente, qui peut amener à une pathologie adaptative.

Il existe aussi des types d’actions de dérivation qui ne sont pas cohérentes mais qui permettent de supporter un certain niveau de tensions, comme de fumer ou de mâcher du chewing-gum.

De trop fortes tensions peuvent aussi aboutir à des actions non cohérentes destructives telles que le suicide, son modèle le plus achevé.

Dysfonctionnement comp. appetence

Au niveau de l’appétence, nous trouvons aussi certaines instabilités :

  • Appétences en cascade longues
  • Délégations d’appétences excessives
  • Changements d’appétence trop fréquents
  • Raccourcis d’appétence
  • Inversion motivé/motivant dans laquelle la phase 3 arrive en premier, précédent la 1 puis une 2 quasi inexistante du fait de la présence de la 3 en début, pour enfin arriver, comme de normal à la 4.

Dysfonctionnements du MID (phase 3 du schéma)

Il existe deux sources aux dysfonctionnements du MID :

  • Soit les déclencheurs nécessaires ne sont pas présents dans l’environnement.
  • Soit il existe une anomalie de perception interne au sujet.

Dysfonctionnement de l’acte consommatoire (phase 4 du schéma)

Il peut exister une anomalie dans la capacité à effectuer l’acte consommatoire avec rétroaction positive. C’est le cas pour les insomnies, l’anorexie, l’impuissance sexuelle.

Dysfonctionnements transversaux aux différents niveaux du cerveau.

De manière transversale, il peut y avoir des pulsions comportementales qui court-circuitent les filtres limbiques et corticaux.

  • Lorsque ça sort directement au niveau archaïque, nous aurons alors l’action archaïque que l’on qualifie souvent de bestial. On y retrouve de nombreux comportements criminels tels que l’assassinat ou le viol. Une suite logique de ce mécanisme est la justification, a posteriori, par une explication affective ou logique.
  • Lorsque ça sort au niveau limbique (court-circuit du filtre cortical), nous aurons tous les actes passionnels de positif (tel que les grandes vocations humanitaires par exemple), aux actes négatifs comme les intégrismes de tout bord.

Concernant ces derniers, comme nous l’explique J-C Barrey, « il est inutile de chercher à convaincre un intégriste de son manque de tolérance : notre démarche est logique, et la sienne affective. On ne peut l’atteindre que par un mécanisme que nous avons décrit : l’isoesthésie, puisqu’il n’est pas sensible à l’isognosie ; mais il faudrait disposer d’une très forte puissance d’entraînement affectif pour arriver à infléchir le cours de sa pensée, et rétablir tous les filtres dans leurs fonctions. » N’est-ce pas intéressant ? On parle ici des intégrismes, mais ne serait-ce pas le cas de toutes les croyances, qu’elles soient religieuses, politiques ou autres ?

Les bifurcations conséquences de ces dysfonctionnements transversaux sont représentées dans le dernier schéma de la partie précédente (un cheminement au travers du cerveau comme je l’ai appelé).

N’est-il pas aussi intéressant de constater, même si cela n’est pas vraiment une surprise, la grande place des dysfonctionnements du comportement d’appétence, l’unique phase acquise du processus ?

Pour compenser les dysfonctionnements possibles, il existe aux trois niveaux du cerveau des régulations adaptatives :

  • Au niveau archaïque (reptilien) : un automatisme de rétroaction hypothalamique peut servir de régulation.
  • Au niveau limbique, il existe trois possibilités de régulation :
    • Par le circuit de la récompense (MFB)
    • Par le circuit de l’aversion (PVS)
    • Par le système inhibiteur de l’action (SIA)
  • Au niveau du néocortex, le néocortex préfrontal (qui se situe au carrefour des données sensorielles et des valeurs affectives) permet de réguler :
    • En réalisant des associations
    • En prenant des décisions

Maintenant qu’à partir des travaux de J-C Barrey et de la Station de recherche pluridisciplinaire des Metz nous avons vu ce qu’était le schéma de Lorenz-Craig, qu’elles étaient ses spécificités dans l’espèce humaine et les dysfonctionnements qui pouvaient exister, que peut-on en dire par rapport à nos réalités ? Qu’est-ce que cela pourrait donc nous apporter ?

 

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